Mes dernières chroniques

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samedi 21 septembre 2013

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Auteur : Jonas Jonasson
Parution : 10 Mars 2011
Edition : Presses de la Cité
Collection : Littérature générale
ISBN : 2258086442
Pages : 454 pages
Prix : 21.30 euros

Informations supplémentaires
Titre original : Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann
Traducteur : du suédois par Caroline BERG



RÉSUMÉ

"Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s'autoriser quelques caprices."

Alors que tous dans la maison de retraite s’apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l’histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d’un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, et avec quelques coups de pouce du destin, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s’est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d’événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao…

« Un chef-d’œuvre dans l’art du mensonge. J’oserai même prétendre que le souffle d’Arto Paasilinna traverse les pages de ce livre. » Smålandsposten

L'AUTEUR

Pär-Ola Jonas Jonasson est né le 6 Juillet 1961 à Växjö en Suède.
Fils d'une infirmière et d'un ambulancier, il a étudié à l' Université de Göteborg avant de devenir journaliste pour les journaux "Växjö newspaper Smålandsposten" et "Expressen" jusqu'en 1994. En 1996, il a fondé la société OTW, une agence médiatique, où il y travaillait sept jours sur sept et qui eut beaucoup de succès.

Pour des raisons de santé, en 2005, il a vendu son entreprise pour s'installer à Södermanland, sur la côte sud de la Suède avec son chat Molotov. Deux ans plus tard, en février 2007, il a épousé une norvégienne, a vendu tout ce qu'il possédait et a déménagé à Tessin, en Suisse.
Multimillionnaire et profondément déprimé, il a alors accompli son rêve et rédigé son roman "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" ou plus exactement "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle".


MON AVIS

Allan Karlsson est un indubitable optimiste qui nous entraîne parallèlement dans deux histoires à la fois distinctes et liées. 

Effectivement, nous retraçons sa vie depuis sa naissance et, par intermittence, nous le suivons dans sa folle aventure dont lui-même ignore la destinée à la "carpe diem". 
A partir du moment où Allan, qui aime rester libre de ses choix, s’échappe des stéréotypes de la maison de retraite, il est trop tard pour faire demi-tour et son âge avancé lui permet de s’autoriser toutes sortes d’extravagances.

Aussi, il se retrouve à dérober une valise contenant 50 millions de dollars et qui sera le noeud de l’histoire. Allan va rencontrer une succession de  personnages aussi originaux que sympathiques. Julius, le kleptomane averti. Benny, vendeur de hot-dog et éternel étudiant qui a presque des diplômes dans chaque profession. Mabelle qui ponctue chacune de ses phrases ainsi que son éléphante Sonja qui se lie d’amitié avec Allan.

En parallèle, on retrace la vie d'Allan de sa naissance, le 2 mai 1905, jusqu'à la fin du récit et paradoxalement, à son début, le 2 mai 2005. Là aussi il est question de valise de façon indirecte puisque l'on part pour un tour du monde.

Vous pouvez cliquer sur l'image pour la visualiser en plus grand.


La biographie de Jonas Jonasson me laisse à penser qu'il s'est transposé dans son personnage principal en doublant son âge et ce, jusqu'au nom de son chat "Molotov". Et si l'auteur a autant d'humour et d'esprit qu'Allan Karlsson, alors, son entourage ne doit pas s'ennuyer un seul instant  !
Certains stéréotypes sont tournés à la dérision comme celui du racisme page 361 où un inconnu téléphone à l'inspecteur et imagine son propre scénario de l'histoire.
Avec ça, je dirais que l'âge du personnage principal, qui va avec la sagesse que l'on peut imaginer, bien que là ce soit un euphémisme, amène quelques pensées philosophiques.
Ainsi, page 323 Allan me rappelle la célèbre phrase de Platon "Je sais que je ne sais rien".

"Allan félicita Herbert d'avoir si bien joué son rôle et celui-ci rougit sous le compliment tout en minimisant son mérite. Il dit avec modestie qu'il n'était pas difficile de se faire passer pour un idiot quand on l'était réellement. Allan n'était pas d'accord avec son ami, parce que tous les imbéciles qu'il avait rencontrés dans sa vie essayaient de se faire passer pour le contraire."

Page 500 "[...] rien ne dure éternellement, à part peut-être la bêtise humaine."


QUELQUES EXTRAITS


Page 300, Allan karlsson est en train de diner avec Staline. Celui ci, pour des raisons politiques, est furieux. Lorsqu'il arrive au summum de sa colère, Allan s'exclame :
- J'ai pensé à un truc, dit Allan.
- Ah oui ? Quoi donc ? demanda Staline, furieux.
- Tu ne trouves pas que tu devrais raser cette moustache ?

Page 321, Allan en camp de travail depuis cinq ans et trois semaines à Vladivostok, décide de s'enfuir. Pour se faire, il choisit de tout faire exploser.
"Allan avait pensé organiser une manœuvre de divertissement, du genre de celle de Téhéran six ans auparavant. Un petit feu d'artifice pour fêter leur départ."

Un peu plus loin encore, page 352, Allan est en présence d'Herbert Einstein, le présumé frère secret d'Albert Einstein qui est aussi un dépressif chronique. Celui ci qui vient de nouveau de manquer une occasion de se faire assassiner est en état de choc, il s'écrit :
- Je m'enfuis, je m'enfuis, tirez-moi dessus, tirez-moi dessus ! cria-t-il en traversant le bureau au pas de course et en ouvrant une porte qui donnait dans la réserve, où il se prit les pieds dans un seau et une serpillère.

Page 497, Allan Karlsson vient de faire exploser sa maison pour la seconde fois. Son motif ? Il souhaitait se venger du renard qui avait assassiné son chat Molotov et sa réaction, je vous laisse la découvrir.
"Allan, qui était tranquillement installé dans son salon, s'envola sur son fauteuil et atterrit dans un tas de neige le long de la réserve extérieure où il entreposait ses pommes de terre. Il resta un moment abasourdi, avant d'articuler :
- Plus de renard !

 Pour finir, ce best-seller international a conquit tellement de monde, que le réalisateur Felix Herngren a prévu de l'adapter au cinéma. Robert Gustafsson incarnera le rôle d'Allan Karlsson et Iwar Wiklander celui de Julius. Pour de plus amples informations, qui seront complétées en temps nécessaire, vous pouvez vous rendre sur la fiche du film sur


^^ :-3 :D :p :-* :-} :-~ :-] :( ;) O_o :-! :-= :-o :)

8 commentaires:

  1. Il est dans ma PAL j'ai très envie de le lire celui-là !!!
    Angiblean

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    1. Il est génial !!! J'ai énormément rigolé ! Tu me donneras tes impressions ? Bisous :))

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  2. La couverture m'intrigue beaucoup et je vois beaucoup de bons commentaires sur ce livre, même s'il a l'air un peu décalé ^^

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    1. Oh oui, il est décalé. On se sens proche du personnage et les parties de rigolades ne manques pas :).

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  3. Je vote ouiiii ! ce livre est frais, déjanté et très intelligent. pour reprendre une idée que tu as développé , l'auteur passe des messages forts, comme le racisme, l’extrémisme ou encore la violence politique avec une vraie finesse, la dérision lisse le coté incisif et finalement ça passe comme une lettre à la poste. Un de mes coups de coeur à sa sortie !

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    1. Oui tout à fait et comme il choisit un personnage apolitique, il fait en sorte de ne prendre aucun parti, ce qui lui donne encore plus de puissance. J'espère que l'auteur en écrira d'autres !

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  4. Réponses
    1. Oh que oui, il me semble incontournable !

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